Près de huit ans après le départ de l’ancien président gambien Yahya Jammeh du pouvoir, le pays cherche toujours à obtenir justice pour les violations des droits humains commises pendant ses 22 ans de dictature. En mai 2023, le ministère de la Justice a publié un plan visant à mettre en œuvre les recommandations de la Commission vérité, réconciliation et réparations du pays. Si le plan promet de rendre justice et de réparer les torts causés, pour avoir l’effet escompté, il nécessite une large participation du public au processus, en particulier celle des jeunes. Dans cet esprit, l’ICTJ s’est associé au Fonds pour la consolidation de la paix des Nations Unies dans le cadre d’un projet visant à encourager la jeunesse gambienne à jouer un rôle de premier plan dans ce processus et dans l’avenir du pays.

Le 13 août 2024, la Division des crimes internationaux de la Haute Cour d’Ouganda a rendu son verdict dans l’affaire opposant l’Ouganda à Thomas Kwoyelo, ancien commandant et colonel du groupe rebelle de l’Armée de résistance du Seigneur. M. Kwoyelo a été reconnu coupable de 44 chefs d’accusation de crimes contre l’humanité, de crimes de guerre et d’autres crimes graves commis pendant le conflit armé qui a duré plusieurs décennies dans le nord de l’Ouganda entre la LRA et le gouvernement ougandais. Ce jugement représente une étape importante dans la quête de justice et de responsabilité et une étape cruciale vers la reconnaissance des souffrances des victimes de ces atrocités de masse.

Au lendemain d'élections présidentielles controversées, des Vénézuéliens de tous horizons sont descendus dans la rue pour exprimer leur méfiance collective à l’égard des résultats officiels, leur indignation face à la grave crise économique et politique que traverse leur pays et leur demande de changement radical. Pendant un bref instant, leur nombre et l’unité de leurs voix ont laissé espérer qu’une fenêtre d’opportunité s’était ouverte pour un véritable changement. Dans les pays confrontés à des violations massives des droits humains, il arrive parfois qu’une fenêtre d’opportunité s’ouvre pour que la société se rassemble et trace un chemin vers la paix et la justice. Malheureusement, de telles fenêtres ne restent pas ouvertes indéfiniment.

Deux ans et demi après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, les victimes continuent de réclamer justice pour les violations massives qu'elles ont subies, qui ont laissé nombre d'entre elles gravement blessées. La Cour pénale internationale a ouvert une enquête sur les crimes présumés en mars 2022. Elle est désormais confrontée à un défi crucial : comment garantir que les victimes ukrainiennes puissent participer de manière significative à toutes les étapes de ses procédures, malgré l'éloignement de la Cour du conflit.

La guerre qui sévit actuellement au Moyen-Orient n’est pas un événement isolé. Elle est le fruit d’un cycle de violences qui dure depuis 75 ans, marqué par des conflits historiques, des luttes géopolitiques et des crises humanitaires. Le Liban est devenu le nouveau champ de bataille de cette histoire tragique. Jusqu’à présent, le conflit a causé des destructions massives, tué ou blessé des milliers de personnes et déplacé plus d’un million d'autres au Liban. Le pays est aujourd’hui confronté à de nombreuses questions concernant la reconstruction, les réparations pour les victimes et le type de société qui émergera au lendemain de la guerre.

La justice coutumière est le principal moyen utilisé par la plupart des communautés du Soudan du Sud pour résoudre les conflits. Cependant, sa capacité à faire face aux violations massives des droits de humains est limitée en raison de la complexité des violences intercommunautaires e...

A man stands facing a table around which several men are seated.

Dans les pays où les institutions étatiques ont une portée limitée, la justice coutumière et informelle est souvent le moyen le plus courant par lequel les individus résolvent leurs différends et cherchent à obtenir justice. Compte tenu de son importance, elle est considérée comme un élément important d’une approche centrée sur les personnes pour construire des sociétés pacifiques, justes et inclusives. La compréhension de la relation entre justice coutumière et justice transitionnelle reste cependant peu développée. Un nouveau rapport de l’ICTJ fournit des recherches empiriques et qualitatives sur le sujet, dans le contexte du Soudan du Sud.

L'ICTJ a accompagné plus de 10 victimes soudanaises à la Cour pénale internationale (CPI) à La Haye pour assister aux plaidoiries finales dans l'affaire Le Procureur c. Ali Muhammad Ali Abd-Al-Rahman (« Ali Kushayb »). Les plaidoiries ont eu lieu du 11 au 13 décembre. L'ICTJ a aidé la CPI à sélectionner les parties prenantes, qui ont été choisies pour leurs liens étroits avec les communautés affectées.

La chute du régime de Bachar al-Assad après 53 ans de règne autoritaire marque un tournant dans la quête de justice, de paix et de respect des droits humains. Si cette transition ouvre la voie à de nouvelles possibilités, elle souligne également les immenses obstacles et responsabilités qui nous attendent.

Du 2 au 6 décembre 2024, l’Assemblée des États parties de la Cour pénale internationale (CPI), l’organe de contrôle et de législation de la Cour, a tenu sa 23e session à La Haye. Comme les années précédentes, l’ICTJ a pris une part active et ses experts ont participé à de nombreuses discussions pour partager leurs connaissances et leurs points de vue. L’ICTJ a organisé deux événements parallèles, l’un consacré aux victimes syriennes et l’autre aux réparations pour les victimes du nord de l’Ouganda.